top of page
L'une tient et l'autre tombe
Clarissa et Septimus Warren Smith: les deux personnages centraux de Mrs Dalloway, permettent d'envisager la décompensation et le suicide, non pas comme des phénomènes radicaux, des états figés qui définissent le sujet, mais comme un degré, un point franchi quand la réalité ne tient plus parce que le sujet y a perdu sa place.
13 min de lecture
Voix
Voix — Lacan isole la voix comme objet a et non comme simple véhicule sonore. Le point importe. La voix ne se réduit pas à ce qu’elle transporte comme signification. Elle se détache, insiste, excède le message, puis agit comme reste, comme appel, comme commandement, comme présence qui touche le corps avant même que le sens soit stabilisé. La parole peut s’oublier ; le timbre, l’attaque, la scansion, l’injonction, eux, continuent d’opérer.
2 min de lecture
Vérité
Vérité — Chez Lacan, la vérité ne se donne jamais toute. Elle ne sort pas du discours comme un bloc enfin découvert. Elle passe par des détours, des mi-dits, des montages, des torsions de langage qui la laissent paraître sans jamais la livrer entière. Lacan pousse ce point avec une rigueur constante : la vérité ne peut se dire qu’à moitié ; elle prend même, dès qu’elle passe dans le langage, une structure de fiction. La formule ne rabaisse pas la vérité au mensonge. Elle dési
2 min de lecture
Transfert
Transfert — Le transfert ne se limite pas à la cure. Il nomme aussi la charge d’amour, d’autorité, d’attente, de résistance et de supposition de savoir qui précède toute rencontre. Lacan déplace ce terme hors d’une psychologie de l’attachement. Le transfert commence dès qu’un sujet suppose en face de lui un lieu qui sait quelque chose de sa vérité, même là où lui-même ne sait pas encore ce qu’il apporte. Il ne rencontre donc jamais une œuvre à mains nues.
3 min de lecture
Trait unaire
Trait unaire — Le trait unaire constitue la marque la plus simple de l’identification. Lacan l’isole comme l’os du signifiant, le bâton comptable minimal, le trait prélevé dans l’Autre qui fait Un sans produire encore une identité pleine. Ce point compte beaucoup. Le trait unaire ne repose ni sur la ressemblance ni sur l’épaisseur psychologique d’une image.
2 min de lecture
Symbolique
Symbolique — Le Symbolique ordonne langage, loi, place, parenté, nomination, dette et transmission. Il ne se confond ni avec la culture au sens vague, ni avec le simple monde des idées. Lacan y situe l’ordre transindividuel des structures de langage qui configurent les rapports entre sujets, puis insiste très tôt sur ce point plus tranchant encore : pour les liaisons de l’ordre symbolique, tout est déjà là dans le champ du langage. Le sujet n’entre donc pas dans un espace vi
2 min de lecture
Symptôme
Symptôme — Le symptôme condense une vérité du sujet dans une formation insistante. Lacan l’arrache très tôt à l’idée de simple dérèglement. Le symptôme parle, mais il parle en énigme. Il ne livre pas une vérité disponible ; il la chiffre, la déplace, la maintient sous une forme qui revient parce qu’elle répond à quelque chose que le sujet ne sait pas résoudre autrement.
2 min de lecture
Sublimation
Sublimation — La sublimation élève un objet à la dignité de la Chose. La formule de Lacan coupe net avec l’idée d’un embellissement culturel qui viendrait polir la pulsion. Il ne s’agit pas d’orner le manque, ni de moraliser le désir, ni de détourner une énergie vers des fins plus nobles. La sublimation touche à une opération plus rude. Un objet ordinaire, matériel, parfois pauvre, reçoit une charge qui excède infiniment sa consistance immédiate. Il ne devient pas précieux p
2 min de lecture
Stade du miroir
Stade du miroir — Le stade du miroir décrit la prise du sujet dans une image de totalité qui le précède et le trompe. Lacan ne parle pas d’une simple découverte jubilatoire du reflet. Il isole une opération plus dure. L’enfant rencontre une forme unifiée alors même que son expérience motrice reste marquée par l’impuissance et le morcellement. Il s’anticipe dans une image pleine. Cette image le rassemble, mais elle l’aliène du même coup, parce qu’elle lui donne comme sienne u
2 min de lecture
Sinthome
Sinthome — Avec le dernier Lacan, le sinthome désigne une manière singulière de tenir, au-delà du symptôme à déchiffrer. Le pas est décisif. Le symptôme relevait encore d’une lecture, d’un sens à entendre, d’une vérité à déplier dans la chaîne signifiante. Le sinthome déplace la question. Il ne s’agit plus d’abord de savoir ce que cela veut dire, mais comment cela tient.
2 min de lecture
Signifiant
Signifiant — Le signifiant vaut par différence et non par plénitude de sens. Lacan le détache de toute idée de mot plein, chargé d’un contenu qui dormirait en lui comme une essence. Le signifiant ne tient que dans un système d’écarts, de substitutions, de voisinages et de coupures. Il fait effet parce qu’il renvoie à d’autres signifiants, parce qu’il se combine, se déplace, se noue, se heurte, puis entraîne le sujet dans ce réseau. Le sens n’est donc pas premier. Il surgit d
2 min de lecture
Semblant
Semblant — Le semblant ne vaut pas mensonge vulgaire. Lacan lui donne un statut bien plus rude. Il nomme la texture même du discours, le régime sous lequel le lien social prend forme, parle, ordonne, séduit, commande, puis se soutient sans jamais coïncider avec une vérité nue. Le semblant ne cache donc pas simplement le vrai ; il lui donne sa scène. Il ne faut pas l’entendre comme une illusion légère, mais comme l’appareil symbolique grâce auquel une place tient, une autorit
2 min de lecture
Répétition
Répétition — La répétition lacanienne ne copie pas. Elle insiste. Dans le Séminaire XI , Lacan dégage la répétition de toute logique de simple retour du même en la nouant à l’automaton, c’est-à-dire au réseau des signifiants, puis à la tuché, la rencontre du réel, toujours susceptible d’être manquée. Ce qui revient ne revient donc pas pour reproduire fidèlement un contenu ancien. Cela revient parce qu’un point n’a pas cessé de ne pas s’écrire tranquillement dans le sujet. La
2 min de lecture
Regard
Regard — Le regard n’est pas l’œil du sujet. Lacan en fait un point plus rude : le sujet croit voir, puis découvre qu’il est déjà pris dans le champ du visible. Le regard ne sort donc pas de lui comme une maîtrise. Il vient de plus loin, du tableau, de la scène, de la lumière même qui le place avant qu’il se croie installé au centre. Le voir se coupe alors en deux. L’œil vise. Le regard atteint le sujet depuis un point qu’il ne gouverne pas. Cette distinction donne au terme
2 min de lecture
Réel
Réel — Le Réel ne désigne pas la réalité empirique. Lacan en fait ce qui résiste à la symbolisation, ce qui reste en soustraction par rapport au langage, ce qui revient comme heurt, comme discontinuité, comme impossible à intégrer sans reste. Le Réel ne s’offre donc pas comme un contenu obscur qu’une meilleure lecture finirait par éclairer. Il se marque plutôt par une butée.
2 min de lecture
Pulsion scopique
Pulsion scopique — La pulsion scopique ne se réduit pas au fait de voir. Lacan l’isole comme circuit. L’œil ne suffit pas. Le sujet entre dans le champ du visible, puis s’y découvre déjà pris, déjà entamé, déjà visé par un regard qui ne vient pas de lui. La vision n’a donc rien d’une maîtrise tranquille. Elle s’ouvre sur une schize entre l’œil et le regard. Le sujet croit saisir une forme, mais quelque chose dans l’image le précède, le dépossède, le cadre. La pulsion scopiqu
2 min de lecture
Point de capiton
Point de capiton — Le point de capiton arrête provisoirement la dérive du sens. Lacan forge cette image en empruntant au matelassier son geste le plus simple : fixer en quelques points ce qui, sans cela, glisserait sans fin. Le signifiant ne recouvre pas naturellement le signifié. Les deux chaînes ne cessent de bouger l’une sur l’autre. Il faut donc qu’en certains points quelque chose fasse couture, qu’un signifiant vienne arrêter assez longtemps le flottement pour qu’une si
2 min de lecture
Plus-de-jouir
Plus-de-jouir — Le plus-de-jouir désigne le résidu produit par le discours. Lacan l’introduit dans D’un Autre à l’autre en le nouant explicitement à la plus-value marxienne : quelque chose se perd dans l’entrée du sujet dans le langage et dans les montages du lien social, puis cette perte ne disparaît pas. Elle tombe, elle reste, elle circule sous la forme d’un excédent de jouissance. Le plus-de-jouir ne se confond donc ni avec le plaisir, ni avec l’objet du désir, ni avec
3 min de lecture
Phallus
Phallus — Le phallus ne fonctionne pas chez Lacan comme organe biologique. Il opère comme signifiant du désir, puis, plus radicalement encore, comme signifiant du manque à être que la relation du sujet au signifiant imprime au cœur même de son existence parlante. Le terme coupe donc avec toute lecture anatomique immédiate. Il ne renvoie pas à une partie du corps, mais à une fonction de prestige, d’insigne, d’éclat, d’autorité et de valeur, autrement dit à ce qui, dans un cha
2 min de lecture
Objet a
Objet a — L’objet a n’est pas l’objet désiré. Lacan le dégage comme la cause du désir, comme ce reste qui accroche le sujet sans jamais se laisser rejoindre sous la forme d’un bien enfin possédé. Les objets empiriques entrent dans cette logique comme des substituts, jamais comme la chose même. Quelque chose manque, puis ce manque ne reste pas vide : il se cristallise sur un détail, une tache, un éclat, un timbre, un pli, un bout de corps, un vide, bref sur un point minuscule
3 min de lecture
bottom of page
