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Lavardec'h — Affaire n°11 — LA VIEILLE DAME EN JAUNE
Je sortis de la vinothèque rue Abdel Wahab, presque attendri, ce qui chez moi annonce une catastrophe. On m’avait vanté les mérites d’un brandy local, vieilli comme un cognac qui aurait pris la poussière de la Bekaa. D’autres rapportent de leurs voyages des magnets pour leur frigo. Moi, je rapporte des alcools profonds pour les jours où l’existence mord un peu trop aux chevilles. Le Liban m’avait gardé quelques jours de plus après ma conférence à la galerie Barakat.
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Omar Khayyâm - quatrain 72 - La bouche muette
Khayyâm exprime dans ce quatrain l'impuissance à percer le secret de l'origine. Aucune question sur le sens de la venue et de la présence au monde ne peut obtenir de réponse. La psychanalyse invite le sujet à élaborer des réponses singulières pour construire sa propre fiction.
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Lavardec'h - Affaire n° 10 - Le miroir de l'odalisque
"Tout tenait debout, justement. Trop debout. Dans ces affaires-là, quand chacun occupe sa place avec autant de netteté, c’est qu’un objet refuse encore la sienne. Je revins au tableau. La peau occupait les regards. Le drap faisait diversion. Le miroir promettait son petit mystère. Le manche, lui, s’effaçait sous un vernis un peu trop appuyé. C’était mauvais signe."
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Rúna — L’œuvre-peau.
Rúna, de Joanna Andraos, n’est pas une série sur la blessure. C’est une œuvre que l’histoire a blessée. Créés en 2005, certains tirages ont été atteints par l’explosion du port de Beyrouth en 2020. L’artiste choisit de ne pas les restaurer. La photographie cesse alors d’être une image intacte : elle devient une peau, une mémoire matérielle, un corps qui porte encore le choc.
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L'une tient et l'autre tombe
Clarissa et Septimus Warren Smith: les deux personnages centraux de Mrs Dalloway, permettent d'envisager la décompensation et le suicide, non pas comme des phénomènes radicaux, des états figés qui définissent le sujet, mais comme un degré, un point franchi quand la réalité ne tient plus parce que le sujet y a perdu sa place.
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L’arcane cryptée dans Danse Macabre de Abed Al Kadiri
L’œuvre de Abed Al Kadiri suit aussi un processus créatif relatif à ces différents temps intrapsychiques caractérisant, comme nous l’avons vu, ce qui fait trauma, dévoilant une trame à travers laquelle Danse macabre s’est construite comme un puzzle. Après une période d’activisme intense, il se déplace de la rue vers la scène des raves parties en recherche d’une appartenance communautaire.
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Omar Khayyâm - quatrain 31 - Ce qui fut écrit
Dans ce quatrain, Khayyâm énonce l'impossibilité d'échapper au destin tracé pour l'homme depuis l'origine par une plume insensible et aveugle. Ce déterminisme peut cependant être interrogé par la psychanalyse: la cure comme occasion de lire autrement et d'assumer subjectivement "ce qui fut écrit".
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Lavardec'h — Affaire n°9 — UN POIL DE TROP
Place des Vosges. Garel, le patron de la galerie, me fit passer par la cour et monter par l’escalier de service. J’avais l’habitude. Les maisons sérieuses cachent leur inquiétude comme elles cachent leurs caisses, loin de la façade, loin des lustres, et surtout loin des invités. En haut, la mezzanine sentait le plâtre froid, les roses marinant dans leur eau de la veille et le vouvray tourné au vinaigre.
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Lavardec'h — Affaire n°8 — L’OMBRE DE LUI-MEME
La note de service du Pacha somnolait sous mon mug, dans une auréole de café de la veille : Adrien Solane vous attend ce matin à son atelier. Depuis trois semaines, les journaux d’art, les suppléments du samedi et les revues à papier glacé lui astiquaient la réputation comme des valets frottent l’argenterie avant l’arrivée des invités.
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Lavardec'h — Affaire n°7 — RICO NIKE LES KEUF
L’équipe municipale avait roulé son blanc sur le graffiti avant le lever du jour. La pluie de Quimper détrempait déjà la couche fraîche. Sous le badigeon, le noir revenait par taches, sale, têtu, comme un type qu’on croyait enterré et qui remontait réclamer son reste. Je me plantai devant le mur avec mon col relevé, les chaussures déjà mouillées et cette fatigue des lendemains de mauvais whisky où les pensées avancent en crabe.
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Omar Khayyâm - Quatrain 130 - La chaîne de la trame
Marie Bourdon Dans ce quatrain, qui exprime en questions répétées le doute sur la finalité de l'existence, Khayyâm interroge le coeur de la trame. Son poème permet une approche psychanalytique de la trace et du manque constitutif du sujet . …………………………………………………………………………………………………………… « À quoi bon la venue, à quoi bon le départ ? Où donc est la chaîne de la trame de notre vie ? Que de corps délicats le monde brise… Où donc est partie leur fumée ? » ………………………………………………………………
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CE QUE LA JOIE LAISSE AU CENTRE — À propos du tableau d’Irina Anis : Les coquelicots ensoleillés fleurissent.
Un petit carré de fleurs pour le mur. À première vue, la lumière fait le travail. Puis le regard s’approche, tombe sur les noyaux noirs au cœur des corolles, et comprend que cette peinture tient moins par la prairie qu’elle promet que par ce qu’elle ne parvient pas à recouvrir.
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Voix
Voix — Lacan isole la voix comme objet a et non comme simple véhicule sonore. Le point importe. La voix ne se réduit pas à ce qu’elle transporte comme signification. Elle se détache, insiste, excède le message, puis agit comme reste, comme appel, comme commandement, comme présence qui touche le corps avant même que le sens soit stabilisé. La parole peut s’oublier ; le timbre, l’attaque, la scansion, l’injonction, eux, continuent d’opérer.
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Vérité
Vérité — Chez Lacan, la vérité ne se donne jamais toute. Elle ne sort pas du discours comme un bloc enfin découvert. Elle passe par des détours, des mi-dits, des montages, des torsions de langage qui la laissent paraître sans jamais la livrer entière. Lacan pousse ce point avec une rigueur constante : la vérité ne peut se dire qu’à moitié ; elle prend même, dès qu’elle passe dans le langage, une structure de fiction. La formule ne rabaisse pas la vérité au mensonge. Elle dési
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Transfert
Transfert — Le transfert ne se limite pas à la cure. Il nomme aussi la charge d’amour, d’autorité, d’attente, de résistance et de supposition de savoir qui précède toute rencontre. Lacan déplace ce terme hors d’une psychologie de l’attachement. Le transfert commence dès qu’un sujet suppose en face de lui un lieu qui sait quelque chose de sa vérité, même là où lui-même ne sait pas encore ce qu’il apporte. Il ne rencontre donc jamais une œuvre à mains nues.
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Trait unaire
Trait unaire — Le trait unaire constitue la marque la plus simple de l’identification. Lacan l’isole comme l’os du signifiant, le bâton comptable minimal, le trait prélevé dans l’Autre qui fait Un sans produire encore une identité pleine. Ce point compte beaucoup. Le trait unaire ne repose ni sur la ressemblance ni sur l’épaisseur psychologique d’une image.
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Symbolique
Symbolique — Le Symbolique ordonne langage, loi, place, parenté, nomination, dette et transmission. Il ne se confond ni avec la culture au sens vague, ni avec le simple monde des idées. Lacan y situe l’ordre transindividuel des structures de langage qui configurent les rapports entre sujets, puis insiste très tôt sur ce point plus tranchant encore : pour les liaisons de l’ordre symbolique, tout est déjà là dans le champ du langage. Le sujet n’entre donc pas dans un espace vi
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Symptôme
Symptôme — Le symptôme condense une vérité du sujet dans une formation insistante. Lacan l’arrache très tôt à l’idée de simple dérèglement. Le symptôme parle, mais il parle en énigme. Il ne livre pas une vérité disponible ; il la chiffre, la déplace, la maintient sous une forme qui revient parce qu’elle répond à quelque chose que le sujet ne sait pas résoudre autrement.
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Sublimation
Sublimation — La sublimation élève un objet à la dignité de la Chose. La formule de Lacan coupe net avec l’idée d’un embellissement culturel qui viendrait polir la pulsion. Il ne s’agit pas d’orner le manque, ni de moraliser le désir, ni de détourner une énergie vers des fins plus nobles. La sublimation touche à une opération plus rude. Un objet ordinaire, matériel, parfois pauvre, reçoit une charge qui excède infiniment sa consistance immédiate. Il ne devient pas précieux p
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Stade du miroir
Stade du miroir — Le stade du miroir décrit la prise du sujet dans une image de totalité qui le précède et le trompe. Lacan ne parle pas d’une simple découverte jubilatoire du reflet. Il isole une opération plus dure. L’enfant rencontre une forme unifiée alors même que son expérience motrice reste marquée par l’impuissance et le morcellement. Il s’anticipe dans une image pleine. Cette image le rassemble, mais elle l’aliène du même coup, parce qu’elle lui donne comme sienne u
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Sinthome
Sinthome — Avec le dernier Lacan, le sinthome désigne une manière singulière de tenir, au-delà du symptôme à déchiffrer. Le pas est décisif. Le symptôme relevait encore d’une lecture, d’un sens à entendre, d’une vérité à déplier dans la chaîne signifiante. Le sinthome déplace la question. Il ne s’agit plus d’abord de savoir ce que cela veut dire, mais comment cela tient.
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Signifiant
Signifiant — Le signifiant vaut par différence et non par plénitude de sens. Lacan le détache de toute idée de mot plein, chargé d’un contenu qui dormirait en lui comme une essence. Le signifiant ne tient que dans un système d’écarts, de substitutions, de voisinages et de coupures. Il fait effet parce qu’il renvoie à d’autres signifiants, parce qu’il se combine, se déplace, se noue, se heurte, puis entraîne le sujet dans ce réseau. Le sens n’est donc pas premier. Il surgit d
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Semblant
Semblant — Le semblant ne vaut pas mensonge vulgaire. Lacan lui donne un statut bien plus rude. Il nomme la texture même du discours, le régime sous lequel le lien social prend forme, parle, ordonne, séduit, commande, puis se soutient sans jamais coïncider avec une vérité nue. Le semblant ne cache donc pas simplement le vrai ; il lui donne sa scène. Il ne faut pas l’entendre comme une illusion légère, mais comme l’appareil symbolique grâce auquel une place tient, une autorit
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Répétition
Répétition — La répétition lacanienne ne copie pas. Elle insiste. Dans le Séminaire XI , Lacan dégage la répétition de toute logique de simple retour du même en la nouant à l’automaton, c’est-à-dire au réseau des signifiants, puis à la tuché, la rencontre du réel, toujours susceptible d’être manquée. Ce qui revient ne revient donc pas pour reproduire fidèlement un contenu ancien. Cela revient parce qu’un point n’a pas cessé de ne pas s’écrire tranquillement dans le sujet. La
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