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Omar Khayyâm — Quatrain n°3 —

  • Photo du rédacteur: Fabrice LAUDRIN
    Fabrice LAUDRIN
  • il y a 15 heures
  • 1 min de lecture
« Ô toi qui te crois sage, ne blâme pas ceux qui s’enivrent. Laisse de côté l’orgueil de l’imposture. Pour goûter le calme triomphant et la paix, incline-toi vers ceux qu’on humilie, vers les plus vils. »

Khayyâm renverse la hiérarchie habituelle : la paix n’est pas du côté des sages, mais du côté des humiliés. Il ne dit pas : “sois meilleur”. Il dit : “cesse de surplomber.”


En psychanalyse, on retrouve la même loi : le sujet ne s’apaise jamais en s’élevant au-dessus des autres, mais en renonçant à la fiction qui le met au-dessus. Ce que Khayyâm appelle “orgueil de l’imposture”, Freud le nommerait “illusion narcissique” : une défense brillante, mais creuse.


La vraie sagesse, ici, se tient dans le mouvement de descente. S’incliner. Se décaler. Rejoindre ceux qui portent la honte du monde. C’est un geste intérieurement révolutionnaire.


Et c’est là que Caravage entre en scène.

Dans Le Souper à Emmaüs (1601), le Christ ressuscité apparaît non pas aux puissants, mais à deux hommes simples, fatigués, assis autour d’une table qui n’a rien de sacré. La révélation a lieu chez les humiliés — pas dans les palais.



Caravage peint exactement ce que Khayyâm formule : un retournement du regard, une lumière qui ne descend pas du ciel, mais remonte depuis les plus bas.

Khayyâm nous rappelle que l’humilité n’est pas une vertu décorative, mais une voie d’accès à la paix intérieure : un désarmement du Moi.

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