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Omar Khayyâm — Quatrain n°10 — Sans amour, le temps ne mérite pas d’être vécu

  • Photo du rédacteur: Fabrice LAUDRIN
    Fabrice LAUDRIN
  • il y a 11 heures
  • 1 min de lecture
« Ah ! Malheur à ce cœur d’où la passion est absente, qui n’est pas sous le charme de l’amour, joie du cœur ! Le jour que tu passes sans amour ne mérite pas que le soleil l’éclaire et que la lune le console. »

Khayyâm ne célèbre pas l’amour comme bonheur. Il l’énonce comme condition de validité du temps.


Un jour sans amour n’est pas un jour triste : c’est un jour non advenu, un temps qui ne mérite ni la lumière du soleil ni la consolation de la nuit.


En psychanalyse, c’est une évidence clinique : ce n’est pas l’angoisse qui détruit, c’est l’extinction du désir. Un cœur sans passion n’est pas apaisé, il est désaffecté du monde.

Et c’est ici que Marc Chagall devient l’œuvre miroir naturelle de ce quatrain. Dans Les amants légers, les corps défient la pesanteur : ils flottent parce que l’amour les autorise à habiter le ciel. Chez Chagall, comme chez Khayyâm, l’amour n’est pas un sentiment privé : il est une condition cosmique. Quand il est là, le monde tient. Quand il manque, la lumière n’a plus de raison d’être.



Khayyâm est radical : sans amour, le temps ne mérite pas d’être vécu. Si le soleil se lève encore, c’est qu’un cœur, quelque part, brûle.

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