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Lavardec'h - Affaire n° 12 - BON JUS!

  • Photo du rédacteur: Fabrice LAUDRIN
    Fabrice LAUDRIN
  • 16 mai
  • 11 min de lecture

« Le téléphone vibra sur mon bureau comme une mouche contre une vitre. La pluie mangeait les quais par petites bouchées grises. J’avais laissé ma pipe mourir dans le cendrier, non par vertu, mais parce que l’odeur de Burley froid m’épargnait parfois des pensées plus noires. La voix de Nour traversa la ligne depuis Roissy, mêlée aux roues de valises, aux annonces métalliques, aux semelles pressées. Le galeriste franco-libanais Barakat lui avait confié le commissariat de sa dernière exposition. Elle voulait passer au Quai des Orfèvres avant le vernissage, comme une gamine trépignant pour aller voir Guignol au Jardin du Luxembourg. Depuis l’affaire de l’Odalisque au miroir, Nour Haddad restait le seul souvenir supportable de mon séjour à Beyrouth. J’admirais sa conscience professionnelle et son savoir-faire de restauratrice de tableaux. Je lui dis oui d’une voix de vieux chien, puis je raccrochai avec une gêne dans la paume, comme si le combiné m’avait renvoyé un éclat de verre de moi-même.


Barakat appela presque aussitôt. Les coïncidences, chez lui, avaient toujours les souliers cirés. Il parlait depuis la rue de Seine, sans bruit autour de lui, avec cette voix d’homme qui traverse les pays en laissant aux autres les tampons, les dettes, les cicatrices et la poussière. Il m’annonça qu’il avait enterré la hache de guerre avec Nour et lui avait confié le pilotage de sa prochaine exposition dédiée aux petits berlingots de jus d’ananas qui avaient suivi chaque petit Libanais dans son cartable. Je lui répondis que je le savais déjà. Un blanc, assez long pour feindre la surprise. Puis il rit de bon cœur et justifia ma présence en arguant qu’un calumet de la paix se fumait à plusieurs. Il me déballa le prologue de l’exposition, comme on déballe un tapis rouge : il avait eu l’idée de mettre en scène les célèbres briques pyramidales de jus d’ananas Bonjus. Et un titre tenu pour génial : Ne pas percer. Trente-deux pyramides suspendues, une installation sur l’enfance libanaise, le commun transconfessionnel, la Memoria plebeia, les objets qui passent par la bouche avant d’entrer dans les livres. Au centre, disait-il, une pièce exceptionnelle qu’il avait lui-même sauvée d’un bureau oublié de l’usine historique de Fanar.


D’autres avaient déjà mis la Campbell’s Soup sous les projecteurs. Après tout, pourquoi pas des briques de jus de fruit en Tetra Pak. Un autre jour, j’aurais décliné l’invitation. Mais Barakat avait trop bien encaissé l’humiliation publique de l’Odalisque. Cela ne lui ressemblait pas. Je voulais savoir pourquoi ce rapace se donnait soudain des airs de beau joueur.


Nour débarqua au bureau moins d’une heure plus tard. Elle portait un sac brun, un manteau noir, une fatigue sèche au coin des yeux. Elle n’avait pas l’air d’une femme qu’on venait de promouvoir. Elle avait l’air d’une femme qu’on venait de déplacer sur un échiquier dont elle ne voyait pas encore toutes les cases. Cette nuance aurait dû suffire.


Elle me demanda simplement de l’accompagner au vernissage. Elle rigola franchement lorsque nous descendîmes prendre un taxi. Pour elle, le 36, c’était Maigret, les toits de Paris, les sandwiches et le café froid. Maintenant, c’était du plâtre qui peinait à sécher, des vieux cartons oubliés dans les couloirs, des machines à café qu’on ne réparait plus. Dix ans déjà que les brigades avaient migré porte de Clichy. Moi, j’étais resté là comme un herpès qu’aucun service n’avait voulu prendre à son inventaire.


Elle parla peu dans le taxi. Paris coulait sur les vitres, gris, avec ses petits pas pressés sortis du RER et ses flâneurs de quais. Je lui fis remarquer que Barakat avait trop rapidement digéré son Odalisque. Elle sourit sans sourire. Elle croyait encore pouvoir changer le scénario en entrant sur la scène. Mais Barakat avait déjà huilé les contrepoids en coulisses. Le décor de carton-pâte n’attendait plus que nous.


La galerie avait l’élégance d’une publicité pour lessive lavant plus blanc que blanc. Parquet clair, murs nus, fleurs coupées, champagne à petites bulles, journalistes culturels déjà fumés à basse température. Barakat nous attendait près de l’entrée. Je regardai ses mains avant son visage. Manucure de marionnettiste. Il salua Nour avec une douceur de parrain. Il prononça son nom devant les invités comme on pose une signature sur un objet fragile. Elle était la muse Clio qui avait su, avec génie, mettre en scène et conter la mémoire de notre enfance. Barakat savait magnifiquement empailler les vivants.


Au centre de la salle blanche, un essaim de petites pyramides de Bonjus pendait à hauteur d’enfant, désaligné, légèrement de travers. Chaque berlingot traînait sa petite vie : trou de paille, carton froissé, tache orange, ventre affaissé, pli de cartable, morsure dans la colle. Elles ne représentaient pas l’enfance. Elles l’avaient subie. L’idée tenait debout. Sous elles, au centre de la pièce, dans une vitrine ostensiblement blindée, reposait un autre berlingot, presque insolent de perfection. Le cartel annonçait : Premier exemplaire du berlingot d’ananas Bonjus / BJ01-62-01. En dessous : Original de l’âme libanaise intercommunautaire, Fanar, 1962. Cette ligne me donna envie de sortir prendre l’air, fumer ma pipe et revenir les pieds sur terre. Un Bonjus est fait pour céder. Il se perce, se vide, colle aux doigts, finit dans une poubelle ou sous un siège de voiture. Le clore sous verre Sécurit revenait à remettre la Victoire de la musique classique, catégorie Artiste lyrique de l’année, à une bouche cousue au fil blanc. Nour me lança un clin d’œil entendu et m’invita à regarder le prix de vente. De quoi m’offrir une berline, le chauffeur avec. L’âme libanaise ne connaissait pas la crise.


Nour avait signé les textes de l’exposition. Du moins son nom les signait. Je reconnus pourtant dans certaines phrases le parfum de Barakat, ce français international capable de transformer une petite soif en aveu à la Rousseau. Le Bonjus traversait les confessions parce qu’il coûtait peu, parce qu’il passait par les écoles, les dekkanés, les frigos familiaux, les mains d’enfants, non parce qu’un concept fumeux l’avait élu Anubis, gardien des âmes et de la pesée des cœurs.


Samir Raad, jeune ethnologue associé au projet, se tenait près de la vitrine et répondait à quelques questions des invités. Barbe courte, voix basse, orgueil rentré. Il appartenait à cette espèce de blessés polis qui veulent que le monde s’excuse en les appelant enfin par leur vrai nom. Je l’écoutais conter l’histoire de la découverte de l’objet dans la vitrine. Barakat avait trouvé en lui un matériau idéal : malléable par humiliation, durci par désir de reconnaissance, prêt à plier un carton comme d’autres plient une biographie.


Les invités s’échangeaient leurs souvenirs d’enfance avec des voix de notaires lisant un testament. On se découvrit des maternelles communes, un glacier à Ramlet el-Baïda, un prof au Lycée français dont on rêvait tous d’épiler un à un les poils des sourcils en bataille. Un journaliste promit un papier sur ces odeurs acides et sucrées qui vous ramènent l’enfance à la gorge, surtout quand vous avez passé l’âge de l’avouer devant témoins. Un administrateur de l’Institut du monde arabe regardait la vitrine avec l’air d’avoir enfin trouvé un Liban assez petit pour entrer dans sa programmation.


Les yeux de Nour rayonnaient. Autour d’elle, les langues se déliaient sous le butō blanc des petites pyramides d’ananas, cette danse presque immobile où les corps ont l’air de mourir très lentement pour mieux se souvenir. Ses yeux passèrent d’un trou de paille à l’autre, suivirent les arêtes, les pressions, les affaissements. Puis quelque chose l’arracha à sa rêverie. Elle s’approcha du BJ01-62-01. Je vis son poignet bouger à peine. Deux doigts tinrent une paille invisible. Le geste monta vers la face haute du carton, là où le pouce impose l’attaque, là où l’enfant presse par réflexe. Le trou du berlingot historique, lui, se trouvait trop bas, trop latéral, presque décoratif. Il n’avait pas été fait par une soif. Nour recula d’un pas. Ce berlingot n’avait jamais connu l’usine de Fanar. Elle prit deux photos avec son smartphone.


Je vis le trouble de Nour. Je le laissai tomber. J’écris cette phrase parce qu’elle me condamne mieux que n’importe quel rapport. Je savais que Barakat était en béton sur les papiers, l’archive, la douane. Lui aussi avait bavé dans ces pailles pendant toute son enfance, comme la grande majorité des invités du jour. Pourtant, je le savais, Nour venait de toucher la maladresse, le glitch, comme on dit aujourd’hui quand un mensonge clignote au mauvais endroit. Le faussaire connaissait le Bonjus comme trait unaire, non comme usage. Il savait l’icône, pas la bouche. Je classai cette évidence dans un tiroir de fonctionnaire usé : intuition juste, preuve fragile, détail à reprendre. Les morts naissent parfois dans ce tiroir.


Barakat croisa mon regard et, avec son sourire de piranha frit, m’invita à le suivre dans son bureau. Tout était là : photographies d’ateliers, factures copiées, fragments de correspondance, scans d’emballages, notes de transport, mentions de Fanar, témoignages d’anciens employés. Chaque pièce, il insista sur chaque pièce, était traçable. Elles comportaient juste assez de lacune pour paraître libanaise, juste assez de netteté pour séduire Paris. La guerre avait mangé ceci, l’humidité avait gâté cela, une famille avait dispersé le reste, une caisse avait dormi chez un oncle. Barakat parlait de trous d’archives comme d’autres parlent de terroir. Il savait que le manque devient valeur quand un catalogue lui donne une phrase.


Puis il dégaina sa bombe atomique. Le vieil homme là-bas, celui qui bâfrait au buffet, n’était autre que l’ancien comptable de l’usine. Tout ce qui concernait le BJ01-62-01 avait été retrouvé dans l’un des tiroirs de son ancien bureau. 


Je m’étonnai alors de la réaction de Nour. Elle m’avait semblé découvrir le BJ01-62-01 au même instant que moi. Barakat avait la réponse prête. Nour avait été conviée comme commissaire de l’exposition, mais il avait laissé la primeur de la trouvaille à Samir Raad, le jeune ethnologue qui l’avait mis sur la piste du berlingot. Il ajouta, d’un ton presque compatissant, qu’elle avait parfois les nerfs d’une vieille fille aigrie et jalouse. Cela expliquait sans doute son malaise devant l’objet mythique. Chez Barakat, la revanche portait toujours des gants blancs.


Il me raccompagna à la salle blanche tout en déversant entre ses canines son fiel sur l’incompétence de sa commissaire d’exposition.


L’absence de Nour ne cria pas tout de suite. Elle retira seulement une nuance à la lumière. Les pyramides continuaient de tourner lentement dans l’air, les verres de champagne frôlaient les lèvres, Samir corrigeait une date pour un journaliste, Barakat partageait des souvenirs d’enfance avec les invités. Puis mon corps comprit avant ma tête. Ma gorge se serra. Nour n’était ni sur le trottoir, ni aux lavabos, ni au bureau. Ne restait que la cave. 


Le couloir de service sentait le solvant, le carton neuf, le métal humide. Les belles galeries possèdent toujours un intestin pauvre. C’est là, entre deux canettes de mauvaise bière et trois rouleaux de papier-bulle, qu’elles reviennent à la réalité.


Je trouvai Nour au bas de l’escalier des réserves. Le corps avait pris cette position de pantin flasque échappé de ses fils. Une caisse lourde encombrait le passage habituel. Une marche gardait une humidité mate. Le néon blanc clignotait. Sa main droite serrait un berlingot neuf, la paille encore scotchée sur l’un des côtés. Son téléphone avait valsé quelques mètres plus loin, près d’une pile de packs de Bonjus neufs. La nuque avait cédé. Le cœur en vrille, j’appelai les secours, puis le parquet.


J’établis les premiers constats. Je savais qu’il ne fallait pas toucher au corps. Je le savais très bien. Je retirai pourtant ma veste et la posai sur Nour. Les règlements ont rarement connu les disparues par leur prénom.


Son téléphone me titillait. Je balançai entre laisser la scientifique faire son boulot proprement et agir pendant que la scène était encore chaude. Mon instinct commanda, seconde option. Le mot de passe était aisé, celui d’une femme seule, son chat. Je le connaissais, Catou. Je tapai Catou. Pas ça. Qittou. Non. Biss. Non. Bissbiss. Non. Non. Franco-libanaise jusqu’au bout des griffes, Bissou. Non. Chatou. Oui ! Les quatre dernières photographies du téléphone concernaient l’exposition. BJ01-62-01 : le mauvais trou, cadré serré. Un Bonjus froissé, percé dans l’angle juste. Un Bonjus flambant neuf et un détail sur l’accroche de la paille. Et puis surtout, un fil WhatsApp demandait à une amie, âgée semblait-il, si les premiers Bonjus se perçaient avec des pailles standard ou si l’on arrachait plutôt un angle pour boire. Nour n’avait pas cherché la théorie historique. Elle avait demandé à la mémoire d’une main.


Ainsi, Nour semblait avoir compris le stratagème de l’exposition avant moi. Barakat lui avait confié une exposition construite sur un objet capable de la détruire. Si elle se taisait, elle devenait la caution du faux, et Barakat se chargerait de la faire chanter plus tard. Si elle parlait, elle avouait avoir signé les textes des cartels et la brochure d’une exposition où trônait un faux, puis disait adieu à sa notoriété. Si elle descendait vérifier seule, l’accident malheureux trouvait son escalier. Barakat n’avait pas besoin de la pousser. Il avait enduit de savon noir la bonne pente.


La police arriva avec ses mallettes, ses scellés et ses tenues de cosmonaute. Je déclarai mes entorses à la procédure ; le lieutenant les encaissa d’un signe de tête. Il me demanda si Nour était une connaissance ou une proche. Je répondis : une amie proche. La formule tenait debout. Moi, moins. Le diagnostic provisoire ne se mouillait pas : chute possible, malaise possible, accident de réserve possible. L’autopsie en dirait certainement plus. La caméra du couloir avait cessé d’enregistrer dix-sept minutes avant la mort ; ça arrivait parfois. Une caisse avait glissé, ou quelqu’un l’avait mal arrimée ; c’était courant. L’escalier de service n’était pas conforme, mais les vieilles galeries vivent de non-conformités polies. Aucun témoin n’avait vu Barakat près de Nour. Aucun appel, aucun SMS ne l’avait attirée en bas. Tout sentait l’accumulation des petits incidents du quotidien. La vengeance de Barakat se tenait devant moi comme le David à l’Accademia de Florence : trop visible, trop ingénue, trop admirée pour qu’on ose poser la main dessus.


Samir se tenait sur le palier. Il s’effondra en pleurs. Il avoua n’avoir jamais mis les pieds au Liban. Il confessa des approximations, une reconstruction d’après les notes manuscrites d’un ingénieur de Fanar aujourd’hui disparu, une archive trop vite validée. Il pleura sur la mémoire populaire qu’il avait souillée avec une sincérité poisseuse. Il avait voulu être reconnu par un objet que tous les gamins du Liban avaient consommé sans le regarder. Il avait voulu que le Bonjus de ses parents le choisisse, lui, parmi tous les enfants de la diaspora. Son narcissisme écœurant ne réclamait pas une cour ; il réclamait un sparadrap sur une fissure. Barakat avait compris cette faim. Il l’avait nourrie jusqu’à obtenir le fusible parfait, le faussaire idéal au cas où l’affaire tournerait mal. Samir avait plié le carton. Barakat avait plié Samir juste sur la ligne de partage entre sa carcasse de Parisien et son cœur de Beyrouthin.


Je remontai dans la salle. Le public avait été évacué, mais la galerie n’avait pas perdu son air de cérémonie. Le pseudo-BJ01-62-01 brillait toujours sous verre. Les pyramides suspendues tournaient mollement, comme si le fantôme de Nour leur avait soufflé son départ. Barakat se tenait près de l’entrée, pâle, grave, déjà prêt pour la contrition publique. Je posai le Bonjus froissé de Nour sur la vitrine. Le carton salit un peu le verre. Barakat baissa les yeux. Une seconde. Pas davantage. Les hommes vraiment dangereux ne nient pas la vérité ; ils calculent sa portée. Il vit que je savais et que je n’allais pas en rester là.


En bonne logique, le pseudo-BJ01-62-01 aurait dû faire fermer l’exposition et déséquilibrer Barakat. Mais celui-ci était un sacré bon prestidigitateur. Dès le lendemain, la galerie annonça que l’exposition Ne pas percer resterait ouverte en hommage à Nour Haddad, jeune commissaire disparue dans l’exercice de son exigence. Le cartel central changea. Il avait été gravé sur bronze depuis quelques semaines. L’évocation du pseudo-BJ01-62-01 ne fut plus présentée comme une certitude, mais comme une « hypothèse scientifiquement admise », une « archive instable, témoin vivant des drames libanais », un objet désormais traversé par la disparition de celle qui l’avait restitué avec tant de soin et d’expertise. La presse adora. On ressortit l’héroïque résilience d’un peuple accroché à son identité. Les mots savent lécher les plaies quand elles appartiennent aux autres. On parla de tragédie culturelle, de mémoire interrompue, de Liban intime, de geste de transmission. Barakat apparut plus sombre, plus digne, presque agrandi par la défunte. Il disait le nom de Nour avec une lenteur impeccable. Il l’avait exposée vivante. Il la consacrait morte. Le BJ01-62-01 existait réellement maintenant. Samir Raad devint, pour quelques semaines encore, le gamin de Ras Beyrouth dans les revues d’art qui avaient besoin de lui faire incarner cette génération d’artistes déracinés que la France avait, bien entendu, eu généreusement l’honneur et le devoir d’accueillir.


Le rapport médico-légal n’offrit rien à mordre : ecchymoses aux mollets compatibles avec le choc d’une caisse, nuque brisée dans la chute, pas de main assez visible pour intéresser le parquet. L’assureur mâcha le travail de mes collègues. Il appela ça un sinistre RC exploitation, dommage corporel causé à un tiers. Trois mots, deux initiales, une morte rangée dans la bonne colonne.


Je n’étais pas idiot. Je savais que Barakat m’avait maintenant dans le collimateur. »



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