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Omar Khayyâm — Quatrain n°1 —

  • Photo du rédacteur: Fabrice LAUDRIN
    Fabrice LAUDRIN
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture
« Si je n'ai jamais mis en colliers les perles de la Prière, je ne t'ai jamais caché cette poussière de péchés qui souille mon visage ; C'est pourquoi je ne désespère pas de ta Miséricorde, car je n'ai jamais dit que Un était Deux. »

(Éd. Grolleau, Bodleian – 1902)


Il existe des visages qui se protègent derrière des rites — et d’autres qui avancent sans collier, sans perles, sans décorum pour se justifier.

Le premier quatrain de Khayyâm dit exactement cela : on peut manquer la prière, manquer la perfection, manquer la forme… mais si l’on ne ment pas, si l’on ne fabrique jamais un “Deux” pour se protéger de l’“Un”, alors quelque chose en nous demeure intact.

La psychanalyse rejoint ici le poète : ce n’est pas la pureté qui ouvre, mais l’absence de duplicité. Ce n’est pas l’observance, mais l’aveu. Ce n’est pas la maîtrise, mais la poussière laissée sur le visage.


Et c’est là que Rembrandt entre dans la scène.


Dans son Autoportrait aux deux cercles, le peintre se montre sans flatterie : vieilli, creusé, austère, tenant debout avec une vérité que son époque jugeait indigne. Il ne porte aucun collier, aucune parure. Il expose la poussière — la sienne, la nôtre.


👉 Portrait visible ici : Rembrandt - Autoportrait aux deux cercles


Les deux cercles derrière lui, parfaits, énigmatiques, semblent répéter la phrase de Khayyâm : 

« Je n’ai jamais dit que l’Un était Deux. »

Même entouré de formes idéales, Rembrandt refuse le double, refuse l’apparence. Il choisit l’unité d’un visage livré tel quel, sans justification.

C’est peut-être cela, finalement, que nous appelons Miséricorde : la possibilité de rester un — même avec nos ombres.

 
 
 

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