Le vrai prénom de Cynthia, celui qui est le signifiant la rattachant à la mère (puisque choisi par celle-ci) est gardé au secret, privé de tout accès à la parole, jamais proféré.
Elle refuse l'identification à ce signifiant noué au désir de l'autre et choisit l'adhésion à celui de sa soeur disparue. Le prénom, qui fait entrer le sujet dans le vivant de l'histoire familiale, devient ici le témoin d'un deuil impossible.
La psychanalyse a longtemps lu la vérité du sujet dans la rupture : coupure, scansion, arrêt, blanc. Mais cette clinique suppose un monde assez continu pour que l’interruption y fasse événement. Que devient-elle lorsque la discontinuité entre dans la texture même du quotidien ? Ce texte propose un déplacement : apprendre à lire la structure non plus seulement dans ce qui casse, mais dans la manière dont un sujet refabrique de la continuité.