Á travers la trajectoire de son personnage, Antonia, photojournaliste, le roman de Ferrari déploie une réflexion sur le regard, la violence, le statut de l’image photographique.
L’obscène est un mot qui traverse cette fiction : il soutient l’évocation du rapport que nous entretenons, entre attirance, répulsion et indifférence feinte, avec les images de violence insoutenable.
« À Concarneau, un graffiti PATATI : . PATATA recouvre l’ancien ABSAN, lisible comme ABSENT amputé de son T. À droite, un A cerclé et un point d’exclamation esquissent une révolte réduite à sigle. Ce mur pauvre permet d’éprouver concrètement des opérateurs lacaniens : lettre, manque, lalangue, objet voix, semblant, jouissance. Il précise surtout la notion de recouvrement déqualifiant : une trace survit sous la phrase qui la rabaisse. »