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L'obscénité du monde - Une lecture de Á son image, de Jérôme Ferrari
Á travers la trajectoire de son personnage, Antonia, photojournaliste, le roman de Ferrari déploie une réflexion sur le regard, la violence, le statut de l’image photographique.
L’obscène est un mot qui traverse cette fiction : il soutient l’évocation du rapport que nous entretenons, entre attirance, répulsion et indifférence feinte, avec les images de violence insoutenable.
9 min de lecture
Un genre d'ivresse - Une lecture de La femme qui boit, de Colette Andris
L’addiction a-t-elle un genre ? Le scandale de la femme qui boit est-il défini par le regard de celui qui la voit boire, ce regard masculin, social, qui assigne la femme à la maternité, à la fragilité, à la beauté ?
Il y aurait un insupportable dans la dégradation, le gâchis, le défaut de contrôle, la jouissance secrète mais visible, du corps de la femme qui boit.
C’est cet insupportable-là que Colette Andris rend visible.
14 min de lecture


MARGES - Regard sur un tableau de l'exposition CHEFS-D'OEUVRE au MAHHSA
Un champ plat, sans aucune hauteur d’arbre, de plante, d’objet, que quatre marges, laissées vierges par l’artiste, encadrent, avant même le cadre matériel de l’œuvre.
Les bords verticaux présentent des irrégularités dans le trait, des avancées et des creux, alors que les horizontaux sont plus réguliers et forment des lignes sans ruptures. Une impression étrange que la main a peint à la hâte cette surface pour accueillir une arrivée imprévue d’oiseaux.
3 min de lecture


De Duchamp à Fakhoury : l’art après le ready-made
Avec Office Chair, Omar Fakhoury ne peint ni une ruine ni un ready-made. Il peint une chaise de bureau renversée, usée, reprise par une zone humide. Après Duchamp, l’objet choisi ; après Klein, le corps devenu trace. Ici, le rebut cesse d’appartenir à l’homme avant d’être avalé par le vivant.
Ce qui fait art n’est pas la chaise, mais la différance rendue sensible : ce moment où une chose ne coïncide plus avec ce qu’elle était, sans avoir encore disparu dans ce qu’elle devien
4 min de lecture


Possibilité d'un espace - Regard sur un tableau de Charles Schley
Ces couleurs et formes disparates, Schley les fait tenir ensemble dans un réseau d'angles et de lignes; il invente, dans ces façades jointes, une communauté, et dans ces carrés de fenêtres, une intimité.
4 min de lecture


Le ready-decayed II : Quand l' arrachement redevient chair.
Sur un lampadaire du parking du Steir à Quimper, un ancien sticker arraché ne dit plus rien. Mais sa colle, sa fatigue, ses bords noirs retiennent assez d’eau et de poussière pour qu’un lichen s’y installe. ALL photographie ce moment trouble : le signe a perdu sa voix, mais sa peau continue de nourrir le vivant. Le ready-decayed II commence là.
7 min de lecture


Un rouge en forme de coquelicot
Les fleurs, ici, se nomment entre elles et installent un décor attendu : un bout de prairie au printemps. Du mauve pour les iris, du blanc pour les pâquerettes, du vert et du jaune pour le tapis herbeux.
Mais ce n’est pas une scène de joie de saison, de douceur florale : quelque chose fuse, tournoie, au centre du tableau, qui ressemble à une explosion.
3 min de lecture


Un voilier, un oiseau
Le MAHHSA est un musée singulier, au cœur de l’hôpital Sainte-Anne: il désigne, en ces deux coordonnées spatiales (musée, hôpital), la nature de ce qu’il est : un lieu où s’exposent les productions d’artistes qui ont côtoyé la pathologie mentale.
Pas forcément moins malades d’être artistes, pas forcément plus artistes d’être malades. Réunis, l’art et la maladie ne se justifient ni ne s’expliquent mutuellement pour autant. Ils dialoguent.
3 min de lecture
La lecture, un contenant psychique -À propos du roman Sonietchka, de Ludmila Oulitskaïa
Sonietchka vit en lisant : c’est son mode d’être au monde. Elle semble se remplir totalement, se dissoudre et se laisser modeler : la lecture est un bain, un enveloppement qui reconfigure entièrement le personnage.
Comment fiction et réalité peuvent-elles, dès lors, s’équilibrer ? La fiction permet-elle un lien au monde ou une protection contre lui ?
11 min de lecture
Représenter l'inaudible
La voix, au sens lacanien, n’est pas ce qui se dit, mais ce qui insiste et commande au-delà même du sens. Elle agit ainsi dans Le Horla : peu à peu, le corps est entièrement livré aux injonctions silencieuses de l’être invisible
8 min de lecture
L'une tient et l'autre tombe
Clarissa et Septimus Warren Smith: les deux personnages centraux de Mrs Dalloway, permettent d'envisager la décompensation et le suicide, non pas comme des phénomènes radicaux, des états figés qui définissent le sujet, mais comme un degré, un point franchi quand la réalité ne tient plus parce que le sujet y a perdu sa place.
13 min de lecture


George Orwell et la prose qui voulait se faire plus grosse que la pensée
Orwell attaque la prose qui enfle quand la pensée se vide. Les discours publics, politiques ou intellectuels accumulent métaphores usées, mots prétentieux et tournures automatiques qui dispensent de penser. L’IA peut amplifier ce phénomène en produisant des phrases correctes mais détachées de l’expérience intérieure du langage. Orwell appelle donc à une discipline simple : couper les mots inutiles, préférer la clarté, choisir chaque terme pour qu’il corresponde réellement à l
5 min de lecture


GRADIVA, CELLE QUI MARCHE Figure du seuil entre image, désir et corps
Gradiva, figure énigmatique héritée de l’Antiquité, n’a cessé de marcher dans l’imaginaire moderne. De Wilhelm Jensen à Sigmund Freud, puis jusqu’à Alain Robbe-Grillet, elle incarne une zone de tension entre image et corps, désir et refoulement. À travers la littérature et la psychanalyse, Gradiva devient une véritable figure du seuil : celle où le regard peut ouvrir à la rencontre, ou se refermer dans la répétition fantasmatique.
7 min de lecture


Je suis là : Salvatore Garau (2020), de "Io sono" à "Hello Wound"
Salvatore Garau, artiste italien, a créé Io sono, une sculpture invisible vendue avec certificat. Sans forme ni matière, l’œuvre interroge la présence, l’art immatériel et la valeur symbolique du vide dans le monde contemporain.
12 min de lecture


Rembrandt, Vygotsky et la naissance silencieuse de la pensée : environnement, seuil et subjectivation
Une pensée ne naît jamais seule.
Rembrandt peint un homme qui médite, mais dont la pensée est rendue possible par une femme qui veille à distance.
Nous croisons ici ce tableau avec Vygotsky pour penser la naissance du sujet dans un environnement habité.
3 min de lecture


Zimbardo, Gérôme et la scène d’exécution collective : pouvoir symbolique, désubjectivation
Un homme au sol. Un autre attend le verdict. La foule décide.
Karl Morysidès croise Pollice verso de Gérôme et l’expérience de Zimbardo pour penser la scène d’exécution collective et le rôle qui tue sans qu’on ait choisi de tuer.
4 min de lecture


La responsabilité flottante : psychanalyse du regard manquant dans Le Ballon de Vallotton
Une enfant joue, deux adultes discutent. Personne ne regarde.
Dans Le Ballon, Félix Vallotton capte une scène d’absence douce.
Karl Morysidès propose une lecture psychanalytique du lien suspendu et de la responsabilité diffuse.
4 min de lecture


Goya, Milgram et la soumission au regard : une lecture psychanalytique de l’obéissance silencieuse
Pourquoi obéit-on quand on ne veut pas ?
Karl Morysidès analyse The Third of May 1808 de Goya à la lumière de l’expérience de Milgram, pour montrer comment le regard, la consigne et le silence peuvent effacer le sujet — même en cabinet.
4 min de lecture


Le regard comme instrument de désubjectivation : une lecture psychanalytique du tableau The Chess Players de Thomas Eakins à la lumière de l’expérience de conformisme de Asch (1951)
Que se passe-t-il quand un tableau nous regarde ?
Le psychanalyste Karl Morysidès croise The Chess Players de Thomas Eakins avec l’expérience de conformisme d’Asch pour montrer comment le regard social peut effacer le sujet. Une lecture rigoureuse, clinique et poétique au seuil du visible
3 min de lecture


David Hammons, Lorsque les marché de l'art a les boules... de neige
Vendre des boules de neige pour les voir fondre ? David Hammons transforme le marché de l’art en rituel d’effacement pur.
3 min de lecture
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